Plus rien n'avait d'importance. Ma vie était littéralement de la merde. Le monde dans lequel dieu m'avait envoyé, c'était de la merde. Je ne connaissais plus personne pour qui je méritais de vivre. A quoi étais-je censée accorder de l'importance ? A quoi étais-je censée me raccrocher si c'était pour collectionner les déceptions ? J'en avais marre.
Jamais je n'aurai ne serait-ce imaginé que la vue de l'eau livide et sordide de ce fleuve m'aurait transposé dans un état de résignation heureuse. C'est dans la Seine que j'allais mettre fin à tout ça. Mais avant de sauter du pont, une hésitation, la dernière, m'a consumé. Étrange, non ? A croire que c'est grâce à elle que tout a changé. Toute ma vie, on m'a dit : « Nelly, trouve toi une raison de vivre, une passion... »
En réalité, c'était ma mère, paix à son âme, qui me le répétait sans cesse. Elle avait fini par mourir elle aussi, comme les autres. J'admettais avec honte que j'avais souhaité cet événement. Mais dorénavant, j'aurais tellement voulu une dernière étreinte maternelle, celle qui aurait retiré le poids de l'autonomie de mon dos. Tous des lâcheurs...A quoi bon rester plantée là, à réviser chacune de mes erreurs, à songer à une personne à qui j'aurais manqué, sur le bord d'un pont, alors que personne ne se préoccupait de moi, ni même ne me voyait ? J'allais sauter.
J'ai contemplé une toute dernière fois le ciel bleu. Il brillait un superbe soleil, qui, malgré la fraicheur du mois de janvier, réchauffa mes fossettes blêmes. C'était une magnifique journée pour mourir. Mon dernier acte fut de détailler chaque touristes, chaque passants qui foulaient le trottoir du pont neuf. Cet ultime coup d'½il fut décisif. Les gens allaient à leur préoccupations, et pas le moindre d'entre eux n'a semblé comprendre que j'allais me jeter de ce foutu pont, comme si j'étais invisible à leur égoïsme. Personne n'avait jamais fait attention à moi de toute manière...
Pourtant...
J'eus cette impression qu'un jeune homme, à l'autre bout du pont, âgé d'une bonne trentaine d'années venait de lire en moi comme dans un livre ouvert. Il se tenait droit et me fixait sans relâche, impatient et comme horrifié de connaître ma future décision. Je l'ai détaillé avant de partir. Des cheveux bruns foncés, qui tiraient sur le noir, expressément négligés, un luxueux duffle-coat noir dont le col arrogant lui donnait un air suffisant. Un pantalon et des chaussures noirs vernis dans lesquelles le soleil venait faire éclater la surface dans un scintillement. Il avait une silhouette très fière et distinguée, malgré son évident petit gabarit. Et même d'assez loin, j'arrivai à voir la pâleur et le charisme qui se dégageait de ses immenses yeux bleus. Qui se sont d'ailleurs écarquillés, lorsqu'il a enfin saisit, et lu sur mon visage, que j'allais décidément basculé à l'avant. Et que ce n'est pas son attention fortuite qui allait me faire changer d'avis.
Il a sorti les mains de ses poches soudainement, et m'a fixé avec avidité, me sommant du regard de ne pas faire ça. En réalité, il semblait incertain quand à sa future réaction.
Trop tard, prince charmant...T'étais où quand j'avais besoin de toi, hein ?
Adieu...
Je me suis laissée basculer vers l'avant avec cette délicieuse sensation de liberté, et une brusque rafale de vent a gelé mon désespoir. Avant de laisser aller mes membres à la chute, j'ai aperçu mon prince charmant se ruer vers moi, bien trop tard, cela dit. Un regret m'a accroché le c½ur. La peur dévorante m'a paralysé.
J'ai aussitôt fermé les yeux pour oublier ma terreur et ai laissé agir mon destin. La chute sembla interminable et affreusement oppressante. Lorsque mon corps a fracassé la surface de l'eau, j'ai ressenti une douleur lancinante dans tout mes membres.
J'avais cette insupportable sensation d'avoir été projeté contre le béton, comme un vulgaire mannequin. Une fois avoir percuté la surface de l'eau, je me suis doucement enfoncée dans les fonds aquatiques. Action, qui, comparée à ma chute, me parut tellement douce et plaisante. Je me suis laissée bercer au grès des flots, sentant peu à peu la léthargie m'atteindre, l'eau encombrant mes poumons, mon souffle qui peu à peu me quitta... Je donnais un repos mérité à mon âme. Après 17 ans de vie harassante, moi, Nelly Abélia, me suicidait du Pont Neuf, à Paris, le 2 Janvier 2007, à 16h17, précisément...
Mais avant de plonger totalement dans l'inconscience, j'ai perçu un terrible fracas, qui déchira la sérénité des fonds aquatiques autour de moi. C'était comme si une explosion s'était mise à résonner dans ma tête, et qu'un hurlement heurtait constamment chaque recoins de mon crâne...
__________________________
Hum hum...
Ca commence fort, je sais. Un p'tit prologue comme je les aime...^_^
Pour précision, je n'arrête pas Princess Life et je la fait passer en priorité. Suite tous les deux jours et pour ici...ben...ça dépendra si vous aimez.. Tiens, d'ailleurs, do you like ?
EDIT DU 14 JUILLET 2009 : Après plus de deux ans d'existence pour ce prologue, j'ai décidé de le reécrire. Voila le résultat. Je pense que j'arrangerais quelques autres suites. JOYEUX ANNIVERSAIRE à ce blog.